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Soif de festival!

  • Photo du rédacteur: Éric Vincent
    Éric Vincent
  • 7 juil. 2025
  • 5 min de lecture

Bonjour à vous


Aujourd’hui, j’ai l’âme en errance et je ne peux m’empêcher d’extrapoler sur tous les sujets qui me traversent l’esprit… J’avais l’intention de vous faire un petit compte rendu de mon expérience à Soif de Cidre édition 2025, et si ce thème va être le fil conducteur de mon billet, je vais me permettre un ton plus subjectif, en effleurant les humains qui gravitent autour du cidre. Nous serons donc davantage dans la « tranche de vie » que dans la revue journalistique de l'événement.


Dernièrement, durant la fin de semaine du 27 au 29 juin, se tenait, à proximité du Canal Lachine, au lieu-dit du Hangar 1825, le plus important rassemblement cidricole au Québec, Soif de Cidre, dont c'était la 4e édition.

Le Hangar 1825, sans les installations de Soif de Cidre
Le Hangar 1825, sans les installations de Soif de Cidre

D’entrée, je dois préciser que je n’étais pas à Soif de cidre en tant que festivalier, mais plutôt en tant qu’exposant, ou plus précisément en tant qu’employé de la Cidrerie Chemin des Sept : quasi voisins et personnes que j’apprécient, je travaille régulièrement avec eux, quelques heures par semaine, sur des tâches allant de la vente à l’étiquetage et au ramassage de branches… Enfin, ce n’est pas le sujet! Je n’ai donc pas payer mon billet d’entrée et avec ma cocarde d’exposant, on m’offre habituellement la dégustation sans sourciller. Je ne saurais vous dire si le coût de l’entrée (13$ à 18$ pour une journée) ou celui des dégustations (en moyenne 1 à 2 dollars par once, à l'aide d'une carte prépayée) étaient trop cher, mais il ne fait aucun doute que ce genre d’évènement peut s’avérer coûteux, surtout si vous avez une grande tolérance à l’alcool et que vous vous laissez tenter par quelques achats pour emporter. Ceci étant dit, j'enfonce des portes ouvertes en affirmant qu’on vit dans une époque où tout est trop cher, mais où personne n’a les moyens d’offrir de meilleur prix, particulièrement les petits joueurs qui encaissent de plein fouet toutes les hausses imaginables avec peux d'options pour profiter de prix «au gros».


L’année 2024 et 2025 jusqu’à présent, sont des années difficiles pour l’industrie des boissons alcoolisées : la SAQ enregistre des baisses de profits, plusieurs brasseries, cidreries et distilleries ont fermés leurs portes ou sont dans une situation précaire. L’industrie du cidre, au volume de vente marginale si on la compare à d'autres secteurs, est elle-aussi heurtée par cette « crise »*. Samedi midi, lorsque je suis arrivé sur le site, cela faisait environ une heure qu’il pleuvait à scieau et je dois vous avouer qu’une certaine morosité planait sur le site. Avant d’entrer en fonction, j’ai butiné à quelques kiosques, histoire de prendre des nouvelles et un petit verre par la même occasion : si tout le monde affichait le sourire, je sentais bien souvent une lourdeur derrière les mots ou au fond des regards, un mélange de frustration, de résignation et de craintes. Heureusement, le retour du soleil et l’arrivé des festivaliers ont permis de raviver le feu sacré dans les âmes vacillantes, mais cela m’a rappelé que pour plusieurs de ces entrepreneurs et artisans, le présent est austère et l’avenir incertain. Soif de cidre, c’est pour plusieurs producteurs, un gros investissement de temps et d'argent, et si certains relativisent les risques financiers en termes de « contact avec la clientèle » ou de « réunion de famille » des cidriculteurs, d’autres ruminent leur décision d'avoir pris deux nuit à l'hôtel bien loin de leurs pommiers, particulièrement lorsque l'affluence des visiteurs est décevante.** À ce sujet, tous ne sont pas égaux, et certains exposants attirent plus que d'autres : nouveauté, marketing accrocheur, produits en vogue, professionnalisme de la/des personne(s) au kiosque, la différence entre un weekend décevant ou réussi tient à plusieurs petits détails qu'on n'arrive pas toujours à réunir au même endroit; ou qui ne fonctionnent pas à tout coup.

Une ambiance entre le garden-cocktail et la fête foraine!
Une ambiance entre le garden-cocktail et la fête foraine!

Puisque je suis dans le domaine du ressenti, je me permets une petite tirade «hygiène de vie » : parler durant près de 6 heures d’affilée, sans avoir dîner et en ne buvant que de l’eau et du cidre, c’est une belle porte ouverte à l’hypoglycémie et au coup de fatigue. Je suis un passionné et je parle avec passion, ce qui fait que je m’oublie. L'euphorie du partage et de la performance (oui-oui, expliquer, vendre et servir, avec humour et rapidité, relève selon moi de la performance), ça ne peut pas remplacer les fondamentaux, comme de manger, boire de l’eau et prendre 15 minutes pour s’asseoir et se reposer. Résultat: j’en ai eu pour presque 24 heures à me sentir amorphe et d’humeur maussade…  

Et non, ce n'était pas la première fois que ça m'arrivait. Je devrais finir par me dompter.


Soif de cidre

Parlant de mémoire, j’allais oublié de faire le compte-rendu de ma journée :


Les moins :

-            Le site est difficile d’accès pour les gens qui ne sont pas du quartier : la station de métro la plus proche est à une vingtaine de minutes de marche et il peut être difficile de trouver du stationnement dans les rues avoisinantes au site.

-            La météo… (ce n'était pas si pire, mais ça aurait pu être mieux...)


Les plus

-            Le site, petit parc ouvert entre les nouveaux blocs du Griffintown et les berges du canal Lachine, entouré de pistes cyclables et de vestiges industriels, est à la fois désinvolte et dynamique, ce qui convient parfaitement au monde du cidre.

-            Les exposants : un peu moins nombreux cette année, la sélection était tout de même très intéressante, avec un beau mélange de cidreries bien établies et de nouveaux joueurs, ainsi qu’une belle cohabitation entre des cidres «modernes», secs et natures, et d’autres plus « classiques », tels que des cidres de glaces, des prêt-à-boire ou des cocktails aromatisés.

-            Les festivaliers, souvent jeunes et d’horizons variés, parfois juste de passage dans le coin, sont une des richesses de cet événements, donnant l’occasion aux producteurs de prendre contact avec une clientèle à découvrir et éventuellement à fidéliser.

Vue aérienne du site (prise par l'organisation de l'événement)
Vue aérienne du site (prise par l'organisation de l'événement)

Voilà ce qui termine ce petit texte qui voulait parler de tout sans trop en dire, et que je termine sans trop savoir si le dosage était bon. En fait, mon premier jet était quatre fois plus long et après avoir décider d'en faire 2 textes, j'ai quand même continué à élagué. Je réalise que d'être derrière un kiosque durant un festival représente pour moi ce qu'une compétition sportive ou un tournoi quelconque peut représenter pour d'autres : un moment où j'ai le sentiment de vivre un peu plus que dans mon quotidien. Sur ce, j'espère vous avoir divertis, voir même provoquer une réflexion sur l'un des sujets que j'ai abordé dans cette revue atypique de l'événement Soif de Cidre. Mon prochain texte devrait porter sur l'histoire des principaux festival de cidre dans l'histoire récente du Québec.


Notes:

 

*Dans la mesure où l’on ne peut pas être contre la vertu et que les autorités médicales se montrent de plus en plus insistantes sur les dangers de la consommation d’alcool, j’imagine que certains pourraient voir dans cette situation une évolution vers le mieux, mais j’attends de voir…


** J’exorcise ici un échange déstabilisant avec un nouvel exposant venu de loin et qui répondait à chacune de mes questions par des devinettes passives-agressives…  Je ne sais pas si c'est un truc que j'ai dit ou mon visage qui ne lui revenait pas, mais ça m'a fait méditer cette citation « Soyez gentils, les gens autour de vous livrent un dur combat ».


-Les images proviennent des publications officielles de Soif de Cidre

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​© 2025 - Éric Vincent

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